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Témoignages

Vidéos réalisées en collaboration avec les étudiantes en Santé Communautaire (Henallux)

Témoignage de Mario

Micro “tabac” trottoir

Témoignage de Sacha

Micro “tabac” trottoir (suite)

Arrêter “d’un coup” ou progressivement ?
Daniel nous donne son expérience…

Arrêter de fumer pendant le covid, c’est possible pour Jean-Marie !

Véronique, du début à la fin

Abstinence pour ses beaux yeux 

Moi, il faut toujours que je compte. Ça fait 10 ans 2 mois et 3 jours que j’ai commencé à fumer. J’ai vite atteint mon rituel de 15 cigarettes par jour. Ça me fait donc 55000 cigarettes à quelques unités près. Fumer fait donc bien partie de mon fonctionnement de base. 

Il y a 6 mois et 8 jours j’ai rencontré une jeune femme aussi craquante que non fumeuse. Il y a 5 mois et 3 jours, j’ai consulté un tabacologue. On a fixé l’arrêt complet à 2 mois. J’étais très motivé et je le suis toujours. J’ai donc supprimé 2 cigarettes par jour chaque semaine pour arriver à zéro en 8 semaines. C’était rassurant que ce soit progressif et systématique. Et, c’était important que ça ne traine pas non plus. On a vite été d’accord sur la marche à suivre. Les gommes à la nicotine m’ont bien aidées à tenir mon engagement. 

J’ai toujours été très attaché à mes habitudes. Les consultations servaient surtout à trouver les stratégies pour me déconditionner et changer ce qui me rappelait ma vie de fumeur. Dès la première semaine de sevrage, j’ai arrêté de fumer dans la véranda pour aller sur la terrasse même quand il pleuvait. Yes ! Premier défi gagné ! La deuxième semaine, j’ai donné mon cendrier fétiche. Celui que je tenais de mon grand-père, ça m’a fait un pincement au coeur, mais je l’ai quand même légué à mon neveu qui collectionne les objets vintages. Mon troisième gros défi a été de changer mon rituel du matin en fumant après avoir nourri les poissons et plus en buvant mon deuxième café. Il y a eu d’autres changements encore par la suite. Je n’aime pas bousculer mes habitudes mais je savais que je devais passer par là. Il a parfois fallu s’y reprendre à 2 fois pour trouver le changement acceptable. J’ai pris sur moi et je ne le regrette pas. La quatrième semaine, j’ai remplacé les 2 cigarettes par 2 séances de 10 pompages. La semaine d’après je pressais 10 fois une balle de mousse pour remplacer les cigarettes supprimées au travail. Et puis il y a eu 10 exercices respiratoires. Finalement, j’ai remplacé le tabac par des choses que je pouvais compter et je les fais encore actuellement. Ça me convient bien de rester dans mes petites manies sans plus me faire de tort. Ça fait 3 mois et 5 jours que je ne fume plus du tout. Je suis content et ma chérie est très fière de moi. Quand je veux je peux. 

Pierre, 28 ans 


Un jour j’ai décidé que plus jamais je ne déciderai d’arrêter 

Plus jamais je ne veux souffrir du sevrage. Plus jamais je ne veux revivre la honte des rechutes.  Ça ne devrait pas être si compliqué d’arrêter de fumer et pourtant ça l’est vraiment  pour moi ! Donc j’ai décidé de ne plus jamais décider d’arrêter. J’assume, en tout cas j’essaye. Et quand on me cherche, on me trouve ! Moi aussi je peux pointer ce qui ne va pas chez tous ces gens qui n’ont jamais touché à une cigarette. Je sais que ce n’est pas joli joli de faire ça, mais parfois, il y en a marre d’être toujours celle qui fait tache. Un ami m’a parlé de la consommation consciente, le moins qu’on puisse dire c’est que ça surprend comme approche. Arrêter en consommant mieux, ce n’est pas banal du tout ! Sortir des sentiers battus, ça, ça me plait. À condition que ce ne soit pas du n’importe quoi ! On peut être dépendante sans être débile ! J’ai donc été voir pour me faire ma propre idée. Pas question de me faire rouler dans la farine. 

On a parlé de la dépendance avec gravité, avec élégance, avec dignité. Avec humour et honnêteté aussi. On ne s’est pas caché nos difficultés. On ne s’est pas étalé non plus. La consommation consciente, c’est consommer autrement pour retrouver son humanité. Dis comme ça, je ne l’avais entendu. C’est consommer autrement pour cultiver l’amour propre, le vrai, celui qui se prend par la main, celui qui ouvre les yeux de la tête et ceux du coeur. Celui qui cicatrise en profondeur pour rendre la béquille-addiction inutile. J’aime cette image de béquille, quand on est accro a été d’une façon ou d’une autre fracturé par la vie. Les exercices proposés par A.D.D.I.C.T. sont comme de la kiné intérieure qui font que finalement on retrouve une certaine autonomie de vie où les clopes sont de plus en plus délaissées comme le sont les vraies béquilles quand on peut remarcher sans elles. 

Certains avaient déjà arrêté et n’en souffraient pas du tout. Ça se voyait, ça se sentait. Ça, ça m’a scotchée. Il y a donc des vilains canards qui cheminent et deviennent des cygnes plus heureux. Mince, ça m’a fait du bien d’être plongée dans cette mare là. Ça m’a donné envie d’essayer. Je n’ai pas décidé d’arrêter, j’ai juré ! Je rêve de me sentir meilleure et tant mieux si moi aussi je finis par délaisser le tabac. 

Raphaëlle, 32 ans.  

Elle a mis  +/- 18 mois pour arrêter totalement de fumer sans jamais rechuter depuis 4 ans. Elle a diminué progressivement, avec des hauts et des bas, puis un jour ça s’est arrêté sans qu’elle le décide vraiment. Elle avait juré !  


Retrouver sa dignité 

Mon beau-fils m’impressionne autant que sa cave à vin. Dans sa famille, on sirote les grands crus, moi je me jette dessus. Je suis franche quand j’ai bu surtout si je me sens rabaissée. Et c’est toujours le cas avec ces gens-là, ils sont si polis, si parfaits, si propres sur eux. A Noël, je suis sortie fumer plusieurs fois pour tenter de me calmer. Ça n’a pas vraiment marché. Finalement, je les ai traités de gros bourges coincés de la raie alors qu’ils m’avaient invitée sans y être obligé. Ma fille ne savait plus où se mettre. Elle a eu honte de sa mère. Et ça ne devait sûrement pas être la première fois. J’ai eu mal à hurler, ça m’a dessaoulé d’un coup. Je me suis alors fait une promesse, pas question que je la perde ni qu’elle souffre encore de mes excès. Il n’était pas non plus question de croire que je serai heureuse en buvant de l’eau jusqu’à la fin de mes jours. L’abstinence pure et dure, très peu pour moi.  

On m’avait parlé des groupes A.D.D.I.C.T. J’y suis allée, j’ai essayé et je me suis accrochée. La consommation consciente m’a surtout aidée à me laver des moments de honte accumulée depuis des années. Mine de rien, décider d’associer un des exercices d’élévation intérieure à la boisson ou à la cigarette, et bien ça change tout. Je me suis sentie mieux de plus en plus souvent. Et, ça a révélé sous un meilleur jour celle que je suis. Un drôle de numéro, tantôt distinguée (je ne le savais pas), tantôt pochtronne (je ne le savais que trop). Je suis devenue de moins en moins picoleuse et de plus en plus présentable et fréquentable. Je n’ai plus eu envie d’avoir une haleine de vieux cendrier. 

Et le Noël suivant est arrivé. J’ai siroté en tout et pour tout 4 verres de très bons vins en bavardant gaiement. Je tournais ma langue 7 fois dans ma bouche avant de parler et je les écoutais plus attentivement. Je les ai trouvé très simples finalement. En fin de soirée, ils m’ont remerciée pour ma présence agréable si chaleureuse ! Je ne savais pas trop si c’était du lard ou du cochon jusqu’au moment où j’ai vu la fierté briller dans les yeux de ma fille. Alors j’ai su sans hésitation possible que ma dignité était retrouvée. 

Marie-Rose, 62 ans. 

Feu intérieur

Ce qu’on cherche à faire brûler en fumant, est en nous, et plutôt que de se nuire et de se consumer petit à petit, on peut utiliser ce feu pour le transformer en quelque chose de plus merveilleux que la fumée de cigarette 

 

Sur le dessin, on voit du bas vers le haut, le feu, les troubles, l’agitation qui sont en nous mais qui peuvent se transformer vers le haut en épuré légère et salvatrice.

Bruno Le Boulangé pour arqontanporin.com

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